France · Éducation nationale & enseignement supérieur · DEPP, OCDE, Cour des comptes

L'école française : ce qu'elle coûte, ce qu'elle produit

La France consacre 197 milliards d'euros par an à l'éducation (6,8 % du PIB) pour environ 15,5 millions d'élèves et d'étudiants. Cette page confronte ce que coûte le système à ce qu'il produit, en suivant sept questions : le niveau des élèves (y compris les meilleurs et les plus faibles), le coût et qui le paie, l'évolution des effectifs, les enseignants, leur recrutement, les personnels hors enseignement et l'absentéisme.

Les dix points clés

Lecture d'ensemble

Un système qui dépense plus que les autres, mais pas au bon endroit

En part de richesse nationale, la France dépense plus que la moyenne de l'OCDE (5,4 % du PIB contre 4,7 %, du primaire au supérieur). Mais la répartition est très particulière : l'école élémentaire coûte 13 % de moins par élève que la moyenne OCDE, le lycée 24 % de plus. Or c'est à l'école primaire que se forment les écarts qu'on retrouve ensuite dans PISA : dès le CM1, TIMSS place la France au dernier rang de l'Union européenne en mathématiques.

Un niveau qui baisse, par le haut comme par le bas

PISA 2025, publié ce mois-ci, confirme la décrue : 458 points en mathématiques contre 511 en 2003 et 456 en lecture contre 505 en 2000. La baisse ne tient pas seulement à la queue de distribution : les très bons élèves en maths sont passés de 15 % à 5 %, quand les élèves en difficulté passent de 22 % (2012) à 36 %. Et la France reste l'un des pays où l'origine sociale pèse le plus sur les résultats.

Moins d'élèves, autant d'enseignants, plus d'adultes non enseignants

Le premier degré a perdu 1,2 million d'élèves depuis 1980 et en perdra encore 930 000 d'ici 2035 (−15 %). Le nombre d'enseignants est stable autour de 851 000 : les classes rétrécissent (21,3 élèves en primaire contre 24 en 2015). Les personnels non enseignants ont, eux, augmenté de plus de moitié depuis 2015 — presque entièrement du fait des accompagnants d'élèves handicapés (AESH) et des assistants d'éducation. L'administration au sens strict, elle, a diminué.

Un métier qui n'attire plus

Salaires après 15 ans inférieurs de 14 à 17 % à la moyenne OCDE, 4 % d'enseignants qui se sentent valorisés (OCDE : 22 %), un tiers de candidats en moins depuis 2016 : les concours ne font plus le plein. Au CAPES de maths, le jury laisse chaque année 200 à 480 postes vacants plutôt que de descendre sous 8/20 ; en Île-de-France, trois candidats présents sur quatre sont reçus au concours de professeur des écoles. La réforme de 2026 (concours à bac+3) a fait remonter le nombre de candidats — c'est le premier signal positif depuis dix ans.

Des heures de cours perdues

Dans le second degré public, près d'une heure de cours sur dix n'est pas assurée (15,4 millions d'heures faute de remplacement, plus les fermetures pour examens). Côté élèves, 7 % sont absentéistes, 19 % en lycée professionnel.