Un bon lycée, c'est d'abord un lycée qui a de bons élèves. Mais pas seulement.
Au bac 2025, le taux de mentions des 2 337 lycées généraux et technologiques va de 8 % à 100 %. L'origine sociale des élèves, mesurée par l'indice de position sociale (IPS) que publie le ministère, explique à elle seule 57 % de ces écarts. Le reste, c'est ce que la DEPP appelle la valeur ajoutée : l'écart entre ce que le lycée obtient et ce qu'on pouvait attendre de ses élèves. Elle est modeste, mais elle est réelle et elle persiste d'une année sur l'autre. Ce dossier croise les deux jeux de données, regarde ce qui se passe à l'entrée des filières d'excellence et vous laisse chercher votre lycée.
Mon lycée
Cherchez un lycée par son nom ou tous les lycées d'une commune. La fiche place le lycée face à ses pairs : son profil social, ses résultats bruts, ce qui était attendu compte tenu de ses élèves, l'évolution de sa valeur ajoutée depuis 2019, les lycées voisins et ceux qui accueillent un public comparable. Chaque fiche a son lien, à partager.
Aucun lycée sélectionné. Utilisez le champ de recherche en haut de page ou essayez un exemple.
La valeur ajoutée : ce qui reste quand on a tenu compte des élèves
Depuis 1994, la DEPP calcule pour chaque lycée un taux « attendu » : celui qu'obtiendraient, en moyenne nationale, des élèves de même âge, de même origine sociale et de même niveau scolaire à l'entrée (les notes au brevet). La valeur ajoutée est l'écart entre le taux constaté et ce taux attendu, en points. Elle est calculée pour trois indicateurs : la réussite au bac, les mentions et l'accès de la seconde au bac, qui pénalise les lycées qui se séparent de leurs élèves en cours de route.
Une corrélation de 0,6 d'une année sur l'autre, encore de 0,4 six ans plus tard : la valeur ajoutée n'est pas du bruit statistique. Elle tient à l'établissement (équipe, projet, organisation) plus qu'à la promotion. Mais une valeur ajoutée isolée de +4 points sur une petite promotion ne veut pas dire grand-chose : c'est la moyenne sur trois ans qui compte, et c'est elle qu'utilisent la fiche, la carte et les classements de ce dossier.
Public, privé : deux façons de « réussir »
Les lycées privés sous contrat affichent 77,5 % de mentions au bac 2025 contre 57,9 % dans le public. Mais leurs élèves ont un IPS moyen de 130 contre 111. Une fois le profil des élèves pris en compte, l'avantage du privé sur les mentions se réduit à quelques points. Et il a une contrepartie : le privé garde moins ses élèves de la seconde jusqu'au bac.
Lecture : un lycée « sélectif » obtient plus de mentions qu'attendu mais conduit moins d'élèves de seconde jusqu'au bac qu'attendu ; une partie de ses bons résultats vient de ceux qu'il ne présente pas. Un lycée « accompagnateur » fait l'inverse : il garde ses élèves, quitte à afficher des taux bruts moins flatteurs. Valeurs ajoutées moyennes 2023-2025.
Qui progresse ?
La métrique de progrès retenue ici : la valeur ajoutée moyenne des trois dernières sessions (2023 à 2025) moins celle des trois sessions 2019 à 2021. Elle compare chaque lycée à lui-même et neutralise le profil de ses élèves. Pour la moitié des lycées, elle bouge de moins de 3 points ; un lycée sur dix gagne plus de 6 points. Attention : le bac a changé en 2021 (contrôle continu, Covid), les écarts entre ces deux périodes sont donc à lire avec prudence.
L'accès aux filières d'excellence
L'open data ne dit pas où vont les élèves de chaque lycée après le bac. Mais trois sources dessinent le tableau : les mentions très bien par lycée, le profil des admis par formation dans Parcoursup (part de boursiers, part de mentions très bien) et l'IPS des étudiants post-bac des lycées qui hébergent des classes préparatoires.
Quinze ans de bac
Le taux de réussite au bac général et technologique est passé de 89 % en 2012 à 95,5 % en 2025, avec un bond en 2020 (bac sans épreuves) et un palier depuis la réforme de 2021, qui a fait entrer le contrôle continu pour 40 % de la note. La part de mentions a suivi : une moitié des candidats en 2019, six sur dix aujourd'hui. L'écart entre public et privé, lui, ne se resserre pas.
L'écart d'IPS entre lycées privés et publics était d'environ 10 points jusqu'en 2021 ; il dépasse 18 points depuis 2024. Une partie du saut tient au changement de méthode de 2022, mais la divergence se poursuit à méthode constante depuis : le privé sous contrat accueille un public de plus en plus favorisé.
PISA et bac : deux thermomètres qui divergent
L'enquête PISA de l'OCDE teste tous les trois ans un échantillon d'élèves de 15 ans, la même épreuve d'un cycle à l'autre. Le bac est un examen national dont le barème et les modalités changent. Sur vingt-cinq ans, les deux courbes partent en sens inverse : les scores PISA de la France reculent alors que le taux de réussite au bac général progresse. Pour rapprocher les deux, on compare chaque cycle PISA au bac passé trois ans plus tard, par la même génération.
- Ce que la corrélation ne dit pas. Huit points ne font pas une preuve et les deux séries mesurent des choses différentes : PISA porte sur tous les élèves de 15 ans, le bac général sur ceux qui y arrivent. Le bac a aussi changé : bac sans épreuves en 2020, contrôle continu pour 40 % de la note depuis 2021, évolution des barèmes.
- Ce qu'elle suggère. Le taux de réussite au bac ne renseigne pas sur le niveau absolu des élèves : il a progressé de 16 points pendant que le niveau mesuré par PISA reculait et que l'accès au bac général s'élargissait. C'est une raison de plus pour juger les lycées sur leur valeur ajoutée plutôt que sur leurs taux bruts.
- PISA 2025. Résultats publiés par l'OCDE en septembre 2026 ; la génération testée passera le bac en 2028.
La carte
Les 2 337 lycées, colorés selon l'indicateur choisi. Cliquez sur un lycée pour ouvrir sa fiche.
Méthode et limites
- Périmètre. Lycées d'enseignement général et technologique (LEGT et sections GT des lycées polyvalents), publics et privés sous contrat, France entière ; 2 337 lycées pour lesquels on dispose à la fois des indicateurs de résultats 2025 et de l'IPS de la voie GT. Les lycées professionnels relèvent d'autres indicateurs et ne sont pas traités ici.
- Appariement. Le bac 2025 est rapproché de l'IPS de la rentrée 2024, celle de la promotion de terminale qui l'a passé, par le code établissement (UAI).
- Valeur ajoutée. Les valeurs ajoutées et taux attendus sont ceux publiés par la DEPP (IVAL). Ils tiennent compte de l'âge, de l'origine sociale, du sexe et des résultats au brevet des élèves, ce qui est plus fin que l'IPS seul. L'« écart à l'attendu » calculé ici pour les mentions TB, que la DEPP ne publie pas, ne repose que sur une régression linéaire sur l'IPS : c'est une approximation. Sur les mentions, cette approximation est corrélée à 0,7 avec la valeur ajoutée officielle.
- Petits effectifs. Sur une promotion de 40 élèves, un élève vaut 2,5 points. Les classements excluent les lycées de moins de 50 candidats et s'appuient sur des moyennes de trois ans.
- Progrès. La différence de valeur ajoutée entre 2023-2025 et 2019-2021 mesure un changement relatif à la moyenne nationale, pas une progression absolue. La réforme du bac de 2021 et les sessions Covid fragilisent la comparaison.
- Excellence. Les données Parcoursup portent sur les formations, pas sur les lycées d'origine : on ne peut pas dire, en open data, combien d'élèves d'un lycée donné entrent en prépa. La part de boursiers Parcoursup concerne les boursiers du secondaire parmi les néo-bacheliers admis.
- IPS. L'IPS résume la profession des parents ; il ne capte ni le revenu ni le capital culturel en tant que tels. Sa table de calcul a été revue à la rentrée 2022 : les séries longues sont à lire avec cette rupture en tête.
Sources
- Résultats des lycées
- DEPP, Indicateurs de valeur ajoutée des lycées d'enseignement général et technologique, sessions 2012 à 2025 ; présentation et méthodologie.
- IPS
- DEPP, IPS des lycées à partir de 2023, rentrée 2022 et 2016 à 2021.
- Parcoursup
- MESR, Parcoursup : vœux de poursuite d'études et admissions, session 2025.
- PISA
- OCDE, résultats PISA 2000 à 2025 ; DEPP, note d'information 26.40 (septembre 2026) ; série reprise par l'iFRAP.
- Bac, série longue
- DEPP, Réussite au baccalauréat selon l'origine sociale (1997-2025) et Proportion de bacheliers dans une génération ; note d'information 26.05 sur la session 2025.
- Positions
- Ministère de l'Éducation nationale, Annuaire de l'éducation.
- Fond de carte
- © contributeurs OpenStreetMap.
Données téléchargées le 13 octobre 2026. Analyse réalisée avec l'IA ; à relire, à challenger. Autres analyses de données.
Le poids du social
Chaque point est un lycée. En abscisse, l'IPS de ses élèves de la voie générale et technologique (rentrée 2024, la promotion qui a passé le bac en 2025) : autour de 60 pour les publics les plus défavorisés, au-delà de 150 pour les plus favorisés. En ordonnée, l'indicateur de votre choix. Le taux de réussite au bac sature au-dessus de 90 % et discrimine mal ; le taux de mentions et la part de mentions très bien suivent l'IPS de beaucoup plus près.